Néanmoins, Hoodoo Man propose un « hard » rock doucement progressif, structuré, aventurier, relativement expérimental et de belle facture. Le lyrique chanteur et excellent guitariste Bruno Frenzel est soutenu par l'ingénieux batteur Bernd Noske et les claviers de Wolfgang Neuser, ce qui n'est pas sans rappeler dans les moments les plus binaires Deep Purple (Get Down To Your Fate), à qui on pense souvent à l'écoute de ce disque, mais aussi à Jethro Tull dans ses moments les plus rock (Hoodoo Man) – Frenzel et Ian Anderson ayant peu ou prou le même timbre de voix - en plus jazz tout de même, ou encore les Doors (écoutez la basse de Suicide... Light My Fire ?). Le tout servant d'écrin à des paroles engagées – ce qui n'est pas courant chez un groupe souvent étiquetté « progressif ». Comme tout bon groupe allemand, on ne manque pas de se la jouer un peu « tribal », notament sur Gamma Ray, devenu un véritable classique du rock teuton.
Bon disque qui conviendra tout spécialement à ceux qui ne se lassent pas, comme moi, du Jethro Tull période Thick As A Brick (lequel est paru l'année d'avant), avant que Birthcontrol, temps changeants obligent, ne se redirige vers une direction plus blues-rock.
(Repertoire)