Né de la rencontre en 1964 de trois musiciens de folk, les guitaristes Jim Murray et John Cippolina et le chanteur Dino Valente, complétée par le bassiste David Freiberg et le batteur Greg Elmore. Lorsque ce dernier est emprisonné pour possession de marijuana, un certain Skip Spence le remplace (futur batteur de Jefferson Airplane le temps d'un premier album puis guitariste - son instrument de formation - de Moby Grape, et enfin auteur grillé par l'acide du chef d'oeuvre country-rock Oar), puis Gary Duncan, qui amène un ami batteur, Greg Elmore. Le groupe tire son nom du signe astral commun à ses cinq membres, Mercure, dieu messager de la mythologie romaine, et l'autre nom du matériau du même nom, littéralement « vif-argent ». Les musiciens vivent en communauté dans les hauteurs de San Francisco.
Jim Murray ne se sentant pas apte à une carrière de musicien professionnel, il quitte le groupe au moment de la tardive – le groupe étant guère enthousiaste à l'idée de quitter son état - signature avec Capitol. Après le coup d'essai plus pop et pas franchement inoubliable (malgré The Fool qui annonce Happy Trails) Quicksilver Messenger Service (1968) – et deux morceaux pour la bande-son du film Revolution – le groupe décide d'assembler différents enregistrements live de juin 1968, du Fillmore West mais aussi du Fillmore East, les deux salles de concerts mythiques de Bill Graham.
La face A est constituée de variations sur le thème de 1956 de Bo Diddley alias Ellias McDaniel, Who Do You Love (également reprise par les Doors), avec le beat caractéristique de son auteur, poum---poum--poum----poum-poum. Ensuite, chaque membre se crédite en détournant à ce manière ce morceau, en en employant les modulations interrogatives When/Where/How/Which ; Gary Duncan assure le solo sur When You Love, le tour de Cippolina venant avec How You Love, puis du bassiste David Freiberg sur Which Do You Love. Pas si pingres, les applaudissements et l'enthousiasme vaut au public d'être crédité sur Where You Love, solo de batterie - concis – de Greg Elmore. Le tout étant conclu par la reprise du thème originel. Cette suite, comme une réponse avant l'heure au Dark Star du Grateful Dead (également de Frisco) occupe vingt-cinq bonnes et captivantes minutes, enluminées des parties virtuoses de blues sous acide du soliste John Cipollina et de la rythmique de Gary Duncan.
Pour ouvrir la face B, une autre reprise de Bo Diddley, Mona, suivie d'une composition de Duncan. Seul morceau enregistré en studio – dans des conditions proches du live – Calvary est presque de la musique d'ambiance, en avance pour son époque. L'album se termine avec la reprise du thème de l'émission de télévision western éponyme du cow-boy Roy Rogers.
La romantique pochette est l'oeuvre de George Hunter des Charlatans (à l'instar de celle du premier album de It's A Beautiful Day). La chevauchée de l'héroïque messager à la glorieuse monture paraît comme une allégorie des performances live du groupe, et ajoute à l'univers western - si important à l'époque dans la culture Etats-Unienne - qu'inspire le morceau-titre.
Après cela, le groupe palia au départ de Gary Duncan (parti rejoindre Valente, sorti de prison) en embauchant le pianiste Nicky Hopkins pour enregistrer le LP suivant, Shady Grove, dominé par le clavier, un retour vers la pop en somme. Le retour de l'autoritaire Valente, suivi de Duncan, mit fin au groupe, après cinq autres albums.
Le trip sans artifices d'Happy Trails demeure le chef d'oeuvre du groupe, influent malgré sa soixante-sixième place dans les charts de l'époque, mais des ventes constantes qui lui permirent d'être certifié disque d'or.
(Capitol)
Filiations : Bo Diddley, Jefferson Airplane (San Francisco, et guitariste Alexander « Skip » Spence à la batterie), Moby Grape (Alexander « Skip » Spence), Alexander Spence (« Skip », le temps de l'album Oar, 1969), Copperhead (John Cippolina), Grateful Dead (San Francisco), It's A Beautiful Day (San Francisco).
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