Cet "anonymat" qui peut paraître une lubie de star capricieuse, tient en fait à deux récentes expériences que Clapton, dans son instable carrière, venait de vivre : les supergroupes Cream (sous influence Hendrix) et Blind Faith (fondé après avoir entendu The Band), victimes de la pression et des attentes que de tels castings supposaient.
Il se fondit alors le temps d'une tournée Anglaise comme simple musicien dans le groupe de Delanney And Bonnie, rencontrés à l'occasion d'une première partie de Blind Faith. Ayant apprécié l'expérience, il la prolonga à sa façon, en composant avec l'organiste et pianiste Bobby Whitlock, ex-Delanney And Bonnie. D'autres ex-membres, le bassiste Carl Radle et le batteur Jim Gordon, les rejoignent après une tournée avec Joe Cocker, et ils accomplissèrent alors une petite tournée des clubs Anglais.
Un soir, l'annonceur écorche le nom provisoire "Eric And The Dynamos" en "Derek And The Dominos". Ce qui plaît à Clapton, car occulter son nom permet au groupe d'être un vrai groupe, et pas seulement des musiciens d'accompagnement ; d'où l'origine du bide commercial...
Arrivés à Miami pour mettre en boite un album, l'enregistrement ne marche pas. Un soir, le groupe file voir le Allman Brothers Band, qui joue en ville... Alors qu'il termine un solo, Duane rouvre les yeux et découvre slow hand au premier rang... N'en croyant pas ses yeux, il resta estomaqué, et Dicky Betts (l'autre soliste du Allman), supposant qu'il avait cassé une corde, reprit le solo au pied levé...
Amené aux studios, après une jam sur Killing Floor, est décidé que le prodige sudiste viendra assurer les leads sur au moins un morceau ou deux une fois sa tournée terminé, soit une semaine après. Il joue finalement sur pratiquement tout le disque. On sait par ailleurs qu'il y eut une jam entre Derek And The Dominos et le Allman Brothers Band, la possibilité qu'elle fut enregistrée reste un mystère.
"C'est le frère musical que je n'ai jamais eu..." confiera Clapton plus tard. Car il est difficile, sur cet album sauvé par l'arrivée du prodige du bottleneck, de distinguer deux guitaristes aux talents égaux... A moins, comme l'expliqua Duane, de "savoir faire la différence entre une Gibson Les Paul et une Fender Stratocaster", la première étant la sienne, la seconde celle d'Eric. Il y a plus simple : écoutez le Allman Brothers Band (chroniqué ailleurs) et Clapton, et vous saurez faire la différence.
Clapton est dans une passe difficile ; amoureux de Patti Boyd, la femme de son ami George Harrison, il tente de noyer sa peine dans l'héroïne. C'est à elle qu'il s'adresse dans Layla, sous un nom d'emprunt (au Conte De Layla Et Majoun, du poète persan Nizami), le boulversant avant-dernier morceau, qu'il faut découvrir pour les incultes ne connaissant que la version unplugged, dénaturée. Par ailleurs, c'est Duane qui trouva les sept notes qui lancent le morceau, après nombre de prises inabouties... Mais lequel les jouent ?
Aux compositions de Clapton et Whitlock (parmi lesquelles il faut citer I Looked Away, Bell Bottom Blues, Keep On Growing, Anyday, et ce Why Does Love Got To Be So Sad qu'il me semble est joué par Clapton dans le film Tommy, que je n'ai pas le courage de revisionner une seconde fois...) s'ajoutent, Duane oblige, des reprises de blues, Nobody Knows When You're Down And Out, It's Too Late (popularisée par Freddie King), Have You Ever Loved A Woman et Key To The Highway (de Big Bill Broonzy). Ainsi qu'une reprise de Little Wing, plus belle ballade de Jimi Hendrix, qui ne l'entendit jamais, puisqu'il fut emporté une semaine après. Le dernier morceau est un hommage de Bobby Whitlock à son petit chien disparu...
L'enregistrement ne se fit pas sans péripéties ; une visiteuse renversa du café sur une bande master, et un magnétophone défectueux aurait altéré le tempo de certains enregistrements, à l'instar de Beggars Banquet des Rolling Stones.
Pour résumer l'incompréhensible, le producteur Tom Dowd déclara qu'il était étonné de l'indifférence de ce qui lui avait semblé être le "meilleur album auquel j'ai participé depuis The Genius Of Ray Charles", lequel date de 1959.
(Polydor)
Il se fondit alors le temps d'une tournée Anglaise comme simple musicien dans le groupe de Delanney And Bonnie, rencontrés à l'occasion d'une première partie de Blind Faith. Ayant apprécié l'expérience, il la prolonga à sa façon, en composant avec l'organiste et pianiste Bobby Whitlock, ex-Delanney And Bonnie. D'autres ex-membres, le bassiste Carl Radle et le batteur Jim Gordon, les rejoignent après une tournée avec Joe Cocker, et ils accomplissèrent alors une petite tournée des clubs Anglais.
Un soir, l'annonceur écorche le nom provisoire "Eric And The Dynamos" en "Derek And The Dominos". Ce qui plaît à Clapton, car occulter son nom permet au groupe d'être un vrai groupe, et pas seulement des musiciens d'accompagnement ; d'où l'origine du bide commercial...
Arrivés à Miami pour mettre en boite un album, l'enregistrement ne marche pas. Un soir, le groupe file voir le Allman Brothers Band, qui joue en ville... Alors qu'il termine un solo, Duane rouvre les yeux et découvre slow hand au premier rang... N'en croyant pas ses yeux, il resta estomaqué, et Dicky Betts (l'autre soliste du Allman), supposant qu'il avait cassé une corde, reprit le solo au pied levé...
Amené aux studios, après une jam sur Killing Floor, est décidé que le prodige sudiste viendra assurer les leads sur au moins un morceau ou deux une fois sa tournée terminé, soit une semaine après. Il joue finalement sur pratiquement tout le disque. On sait par ailleurs qu'il y eut une jam entre Derek And The Dominos et le Allman Brothers Band, la possibilité qu'elle fut enregistrée reste un mystère.
"C'est le frère musical que je n'ai jamais eu..." confiera Clapton plus tard. Car il est difficile, sur cet album sauvé par l'arrivée du prodige du bottleneck, de distinguer deux guitaristes aux talents égaux... A moins, comme l'expliqua Duane, de "savoir faire la différence entre une Gibson Les Paul et une Fender Stratocaster", la première étant la sienne, la seconde celle d'Eric. Il y a plus simple : écoutez le Allman Brothers Band (chroniqué ailleurs) et Clapton, et vous saurez faire la différence.
Clapton est dans une passe difficile ; amoureux de Patti Boyd, la femme de son ami George Harrison, il tente de noyer sa peine dans l'héroïne. C'est à elle qu'il s'adresse dans Layla, sous un nom d'emprunt (au Conte De Layla Et Majoun, du poète persan Nizami), le boulversant avant-dernier morceau, qu'il faut découvrir pour les incultes ne connaissant que la version unplugged, dénaturée. Par ailleurs, c'est Duane qui trouva les sept notes qui lancent le morceau, après nombre de prises inabouties... Mais lequel les jouent ?
Aux compositions de Clapton et Whitlock (parmi lesquelles il faut citer I Looked Away, Bell Bottom Blues, Keep On Growing, Anyday, et ce Why Does Love Got To Be So Sad qu'il me semble est joué par Clapton dans le film Tommy, que je n'ai pas le courage de revisionner une seconde fois...) s'ajoutent, Duane oblige, des reprises de blues, Nobody Knows When You're Down And Out, It's Too Late (popularisée par Freddie King), Have You Ever Loved A Woman et Key To The Highway (de Big Bill Broonzy). Ainsi qu'une reprise de Little Wing, plus belle ballade de Jimi Hendrix, qui ne l'entendit jamais, puisqu'il fut emporté une semaine après. Le dernier morceau est un hommage de Bobby Whitlock à son petit chien disparu...
L'enregistrement ne se fit pas sans péripéties ; une visiteuse renversa du café sur une bande master, et un magnétophone défectueux aurait altéré le tempo de certains enregistrements, à l'instar de Beggars Banquet des Rolling Stones.
Pour résumer l'incompréhensible, le producteur Tom Dowd déclara qu'il était étonné de l'indifférence de ce qui lui avait semblé être le "meilleur album auquel j'ai participé depuis The Genius Of Ray Charles", lequel date de 1959.
(Polydor)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire