Produit comme son prédecesseur par Norman Smith, Parachute commence par un medley de courts morceaux, à l'instar d' Abbey Road (dernier LP enregistré par les fab fours paru l'année précédente). Des accords de guitares secs et tranchants sur une batterie tribale et un piano martelé caractérisent le psychédélique Scene One, dont les choeurs nous ramènent à S.F. Sorrow. Phil May refusant de chanter avant le sixième morceau, le bassiste Wally Allen et le clavériste John Povey assurent l'essentiel du chant sur l'onirique et fluet single The Good Mr. Square / She Was Tall, She Was High. L'ensorcelante mélodie des choeurs aériens font à nouveau penser aux Beatles d'Abbey Road ainsi qu'aux Beach Boys, et il en sera de même pour presque tout l'album. Selon Phil May, Mr. Square est « ...un psychopate, un blaireau. Il habite un monde triste et gris, uniquement constitué de coupures de presse ».
Conceptuel ? Pas autant que S.F. Sorrow, mais selon Phil May, « Parachute était plus une réflexion sur la fin de la fête, la fin des sixties et la vie urbaine. Tous mes amis musiciens partaient s'installer à la campagne et élever des moutons en sandales. Moi je détestais ça. Mon coeur appartenait à la ville, à Londres. Je savais que ce serait très mauvais pour la scène que les musiciens aillent s'enfermer dans un manoir au milieu du Surrey. Je voulais que la fête continue, que la musique reste urbaine, même si, je l'avoue, Parachute sonne tout de même assez pastoral. J'écoutais beaucoup Crosby, Stills & Nash... ». Parachute, pastoral ? Vraiment ancré à la ville, ce Phil...
La suite que consituent In The Square / The Letter / Rain a pour sujet la correspondance entre une fille partie vivre à la campagne et son ami resté en ville. The Letter ne vous rappelle t-elle pas un fameux morceau de Radiohead ? Miss Fay Regrets est un retour au r'n'b des débuts, vision rétrospective d'une vieille actrice sur sa vie. Retranscrivant l'ambiance nocturne de Cries From The Midnight Circus, basse et batterie déroule leur lugubre tapis sur lequel s'époumonne à nouveau Phil May.
La seconde face est constituée de morceaux plus ambitieux. Audiblement influencée par John Lennon, Grass est la préférée de Phil May. Sickle Clowns est à nouveau r'n'b, et permet enfin à Vic Unitt de s'exprimer. Les choeurs enjolivent à nouveau What's The Use, Phil May déplore la fin des « illusions » hippies. She's A Lover est encore aujourd'hui un classique du groupe en concert. Les solos de guitare d'Unitt me font penser aux Pink Fairies, fondés par Twink, batteur sur S.F. Sorrow. Le morceau-titre final rappelle à nouveau l'ultime chef d'oeuvre des quatres de Liverpool.
Déservi par une pochette ratée, l'accueil du public sera tristement de nouveau timide, malgré des critiques dythirambiques. Le magazine contre-culturel qu'était alors Rolling Stone l'élit album de l'année, dès sa sortie en juin... Malheureusement, le un brin capricieux Phil May (car ce ne sera malheureusement pas la dernière fois) fit capoter la promotion de l'album, incluant une tournée aux USA, en faisant une dépression après le départ de son amie Gayla. Et les Pretty Things de rater une fois de plus leur rendez-vous avec la gloire.
(Harvest/EMI)
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