2008-06-02

Tago Mago, Can (04/1971)

1971. Can publie le résultat de quatre mois d'enregistrement dans un château prêté par un mécène collectionneur d'art, Tago Mago, son second (et double à l'époque) album, enregistré dans un château prêté par un mécène collectionneur d'art, et qui estomaqua tout le monde.
Il s'agit de la pierre angulaire de l'histoire du mésestimé rock Allemand, et de l'un des chefs d'oeuvre de la musique pop (comme on l'appelait plus largement en ces temps bénits), Can s'éloigne de sa première influence : le Velvet Underground.Si le Royaume-Uni et les Etats-Unis dominent sans partage sur le rock, c'est l'Allemagne qui arrive ensuite, et parviendra à conquérir les Anglais avec des formations expérimentales telles que Amon Düül II, Faust, Popol Vuh, Kraftwerk, Neu!, etc. L'ironique appelation "krautrock" (kraut = chou en teuton) vient par ailleurs d'un morceau de Can.
Un rock déconstruit, hypnotisant, au son, dense, agressif, spatial, "post-psychédélique". Tago Mago, près de quarante ans après sa sortie, n'a rien perdu de son étrangeté.
Les arpèges et riffs de guitare de Mickael Karoli, les claviers ambients (avant Brian Eno, qui bientôt viendra enregister à Berlin) de Irmin Schmidt et l'inquiétante basse de Holger Czukay tournoyant autour de la batterie, que percute sans répit l'incroyable Jaki Liebezeit, venu du jazz, et sur ce tout repose la discrète voix de Damo Suzuki, aux paroles énigmatiques, un chanteur de rue Japonnais découvert à Munich. Une musique passionnante, riche, mécanique, hallucinante, qui traumatisera le public jusque outre-Manche dès son apparition.
La première des quatre faces était composée de morceaux aux structures plus classiques et accessibles, Paperhouse, le lugubre Mushroom, le cosmique Oh Yeah. La suivante est toute entière au funk instrumental de Halleluwah.
La seconde galette, plus bruitiste et électronique, commence avec cette formule de magie du sataniste Aleister Crowley, le sinistre Aumgn. Puis vient Peking O et enfin l'apaisement avec Bring Me Coffee Or Tea.
Influence évidente de Joy Division et de PiL, Tago Mago, intemporel, n'a jamais cessé d'excercer son pouvoir de fascination.

(EMI)

Aucun commentaire: