2008-06-02

Patto, Patto (1970)

Produit par Muff Winwood, frère de Steve (Spencer Davis Group, Traffic, Blind Faith...), ce premier album de Patto laisse déjà entendre le prodigieux Peter "Ollie" Halsall. Ce jeune guitariste n'avait trois ans auparavent jamais touché à un manche de guitare ; son jeu - qui n'a pas à palir de ceux d'Eric Clapton, ou de son "frère musical" comme le disait le premier, Duane Allman - en est d'autant plus inventif, ce dès l'étonnant The Man. Cette pièce à l'étrange rythme syncopé annonce les morceaux San Antone, autre curiosité - bon sang, trois ans de guitare, comment Ollie fait-il ?! - ou Government Man, preuves du talent de Patto pour les structures complexes - et de sa section rythmique - d'autant plus que son rock est sévèrement matiné de jazz. Pour parachever le tout, le gosier de Mike Patto lui permet d'éructer formidablement bien comme l'époque le voulait, avec tous ces Janis Joplin, Robert Plant, Joe Cocker, Rod Stewart, Terry Reid, etc.
Plus classiques, le morceau de bravoure Hold Me Back ou Red Glow, du hard rock typique des débuts du genre, c'est-à-dire pas encore décoloré de ses origines directes, le blues, et donc substensiellement meilleur !
Time To Die, regardant l'avenir avec lucidité, où la jam jazz-rock Money Bag, avant le conclusif et heavy Sittin' Back Easy, et puis l'album suivant Hold Your Fire (1971)* ne font que confirmer l'injustice de l'oubli de ce groupe, dont le rock voguait entre jazz et blues. Est-ce la faute à ces pochettes ?

(Vertigo)

* Patto et Hold Your Fire ont étés réédités sous la forme d'un intéressant double album en 1995, sous le nom Sense Of The Absurd.

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